[Chronique] « Les enquêtes d’Évariste Fauconnier et Isabeau le Du, tome 1 : J’agonise fort bien, merci » d’Oren Miller

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Son cadre exceptionnel près de la côte d’émeraude en fait une destination de vacances des plus prisée. De magnifiques paysages, un mystérieux folklore breton et des morts qu’on a aidés à trépasser raviront les plus aventureux d’entre vous. Profitez de l’hospitalité chaleureuse des habitants qui sauront vous mettre à l’aise.

Afin d’apprécier pleinement votre séjour, veillez cependant à respecter trois règles :
1 Écoutez toujours les murmures de ceux que vous ne voyez pas.
2 Gardez-vous des créatures sinistres qui frappent avant d’entrer.
3 Soyez sage.

Très sage.mon_avis_bis

Fortement intriguée par le titre, la quatrième de couverture a terminé de me convaincre d’acquérir ce roman. Et je dois dire que je ne suis absolument pas déçue par sa lecture, même si je suis relativement contente de l’avoir accueilli dans ma bibliothèque numérique plutôt que dans ma bibliothèque papier.

Frappé par l’incroyable chorégraphie du ciel et de l’océan autant que par l’explosion des couleurs et des lumières semblant tout droit extraites de l’esprit divin, Isabeau était hypnotisé. Le soleil rasant avait mis le feu aux nuages denses, et, tordus par le vent, ceux-ci ressemblaient au ventre d’un dragon accrochant presque par endroits le toit des villas.

J’ai adoré la plume de l’auteur même si j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le roman au départ. Les premiers chapitres sont très (trop?) descriptifs et imagés. Ils posent le décor et introduisent nos deux enquêteurs en herbe (ou pas!) : Évariste Fauconnier, un notaire bien particulier, et Isabeau le Du, son nouvel assistant. Le premier est magnétique, imperturbable et très direct et il possède un humour très particulier qui m’a beaucoup plu. Comme Isabeau, on est un peu désarçonné au départ par ce singulier personnage, plein de mystères et difficile à cerner. Mais au fur et à mesure de l’histoire, on apprend à le connaître et à repérer les quelques indices qu’il veut bien laisser filtrer sur sa personne et qui nous permettent de le comprendre un peu. Fin observateur et très intelligent, Évariste m’a beaucoup plu! Et le second n’est pas en reste. Un peu gauche au départ, Isabeau apprend vite au côté du notaire et nous surprend par son audace et sa curiosité maladive qui lui font oublier parfois sa place de simple assistant. Au fil des pages, il s’affirme et dévoile des talents insoupçonnés. Et c’est un réel plaisir de le voir évoluer même si on est bien loin d’avoir tout appris sur lui. Comme pour Évariste, Isabeau est loin de nous avoir dévoilé tous ses secrets. En tout cas, je suis complètement sous le charme de cet excellent duo!

Les dialogues sont savoureux, intéressants et dotés parfois d’un humour délectable. C’est fou le nombre de détails qui se glissent dedans, détails qui peuvent paraître insignifiants au départ mais qui, vus sous un autre angle, peuvent devenir un indice crucial. Un conseil, si vous souhaitez enquêter en même temps qu’Évariste et Isabeau, vous avez intérêt à être attentif et à ne surtout rien oublier!

– [Évariste] Je croyais que nous étions tombés d’accord.
– Non, non, non, protesta Isabeau avec véhémence, vous avez parlé et encore parlé, puis vous avez conclu. On est assez loin de l’idée de « tomber d’accord ».
– C’est pénible, cette manie que vous avez de jouer sur les mots.

Même si quelques longueurs se sont faites sentir à un stade du roman, elles ne m’ont pas dérangé pour autant. Je les ai même trouvées nécessaires car elles ont permis de noyer les indices dans la masse et de développer l’ensemble des récits qui vont permettre de découvrir la vérité. Toutes les pistes sont envisageables et, jusqu’à un certain point, rien ne permet d’imaginer comment l’enquête va aboutir. La seconde moitié du roman est haletante, tout s’enchaîne et il devient alors très difficile de lâcher ce roman policier relativement bien mené! Sous fond de folklore breton, il frôle parfois le fantastique et même l’horreur, l’un des chapitres m’ayant délicieusement fait frissonner. Enfin, les nombreux personnages secondaires sont tous plus intéressants les uns que les autres. Aucun n’est laissé de côté.

Bref, j’ai été séduite par ce roman et j’ai eu un réel coup de cœur pour la plume d’Oren Miller et pour Évariste et Isabeau. Je kiffe ce duo et j’ai hâte de le retrouver dans une nouvelle aventure! J’espère que certains de leurs mystères seront dévoilés.

– [Évariste] Par moments, mon ami, je me pose certaines questions concernant votre utilité.
– [Isabeau] Oh, je peux aisément répondre, réplique le jeune homme avec le même sarcasme. Pour l’instant, je suis le seul à qui vous pouvez vous confier et qui vous écoute avec attention.
– Touché, répondit le notaire avec beaucoup d’amusement.

Mais du coup, vous devez maintenant vous demander pourquoi ce roman n’est pas un coup de cœur au vue de cette critique élogieuse. J’y arrive! Et la réponse est toute simple. Pour un roman vendu près de 20€ au format papier, je trouve impardonnable que des coquilles soient toujours présentes. Et je ne parle pas d’une ou deux petites coquilles que seul un lecteur attentif peut détecter, mais bien de coquilles difficilement ratables et bien trop nombreuses pour ne pas être mentionnées dans cette critique. La plume d’Oren Miller est tellement plaisante qu’il est dommage qu’elle soit gâchée par un mauvais travail de correction… Pour moi, c’est un peu se moquer du lecteur qui s’attend à trouver un travail terminé et de qualité, surtout à ce prix-là! Je peux comprendre que ces coquilles aient grandement gâchés la lecture de ce roman pour certains. Pour ma part, l’ayant acheté au format numérique à 3,99€, cela n’a pas été le cas. Merci les promos! J’espère que le travail de relecture et de correction de A présent, vous pouvez enterrer la mariée, le second opus des aventures d’Évariste et Isabeau sera parfait. Petite maison d’éditions et jeune auteure ne signifient pas que le travail doit être bâclé!

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Intriguée par le titre du roman, j’ai été emportée par la belle plume d’Oren Miller. Sous fond de folklore breton, l’histoire est aboutie et l’auteure a créé un duo de choc bien mystérieux mais aux nombreux talents. Leurs conversations, pleines de réparties et d’humour, me manquent déjà. Dommage que les trop nombreuses coquilles ternissent le tableau. Oren Miller et Les Éditions de l’Homme sans Nom, je vous attends au tournant pour le deuxième tome!

17/20

jagonise
Auteur(s) : Oren Miller
Éditions : Editions de l'Homme sans Nom
Nombre de pages : 417
Catégorie(s) : Policier

7 réflexions sur “[Chronique] « Les enquêtes d’Évariste Fauconnier et Isabeau le Du, tome 1 : J’agonise fort bien, merci » d’Oren Miller

    • Callysse dit :

      C’est ce qui m’a attiré aussi! Son titre. Oui si je me souviens bien cela se passe en Bretagne. Je vérifierais ce soir si tu veux 😉 Oui c’est vraiment dommage car sans ça cela aurait été un beau coup de coeur! Mais je ne me voyais pas mettre dans cette catégorie un roman mal corrigé…

      Aimé par 1 personne

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