[Chronique] « B.O.A, tome 1 : Loterie funeste » de Magali Laurent

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Une loterie inhumaine.
Six immortels à gagner.

Dans la grande ville de Liberté, quand les citoyens achètent des billets pour la loterie annuelle, ce n’est pas pour gagner de l’argent.

Les BOA qui dirigent cette société post-apocalyptique espèrent remporter des Sacs à sang. Des esclaves. Des êtres humains auxquels ils pourront s’abreuver pour subsister. Jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Mais, cette année, la loterie est différente. Cette année, six adolescents sont en jeu, rendus immortels par un processus révolutionnaire. Destinés à offrir leur sang à leurs futurs propriétaires, ils sont condamnés à souffrir éternellement, car même la mort ne pourra les délivrer.

S’ils résistent, ils seront transformés en créatures terrifiantes. En Charognards. Des bêtes voraces.

S’ils obéissent, ils seront perdus pour toujours…

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Je tiens tout d’abord à remercie Babelio et les éditions de Mortagne qui m’ont permis de lire ce roman en SP.

Je ne suis pas passée loin du coup de cœur avec cette dystopie très originale qui revisite complètement le mythe du vampire. Il m’a manqué « ce petit quelque chose » pour qu’elle obtienne la récompense ultime. Probablement un petit manque de rythme par moment qui ont rendu certains passages pourtant nécessaires (mais courts) quelque peu ennuyeux. Je pense surtout à la deuxième partie qui traîne un petit peu en longueur avant que l’action, salvatrice, ne s’invite dans ses derniers chapitres. J’ai en revanche était complètement envoûtée par les première et troisième parties.

Mais avant de continuer à développer mon avis, je vais peut-être vous présenter rapidement le contexte de cette dystopie, au travers de cette longue citation et du paragraphe qui suit. Je ne les considère pas vraiment comme un spoil car ils sont tirés du prologue mais si vous ne voulez absolument rien savoir, alors passez-les 😉 – Vous n’avez qu’à surligner pour voir le texte apparaître.

Au commencement, il y a eu le virus. Terrible et féroce, comme un prédateur affamé tapi dans l’ombre depuis trop longtemps. C’était une forme mutante d’Ebola, une saloperie qui s’attaquait à l’humain par son sang. (…) Car, pour survivre, ces êtres humains contaminés devaient boire le sang de leurs congénères vivant ou fraichement décédés. Ils en oubliaient jusqu’à leur ancienne humanité. Les Charognards étaient nés. 

Ensuite, il y a eu le premier vaccin. Salvateur et inespéré. Précipité, aussi, on le verrait par la suite. (…) Ce fut un véritable raz-de-marée. Face au monstre que représenté le virus, les plus nantis se sont procuré la potion salutaire avant tout le monde (…). Ils ont été les premiers à se transformer. Non pas en Charognards, mais en « autre chose ». (…), leur soif de sang, quant à elle, n’avait rien à envier à celle des Charognards. Il leur fallait le fluide vital pour survivre et, malgré leur humanité encore bien présente, ils n’avaient d’autres choix que de tuer pour subsister. Les BOA, nommés ainsi en référence aux groupes sanguins, puissants et influents, venaient de voir le jour.

Quand le second vaccin a été découvert, la maladie a enfin cessé de progresser. (…) Les êtres humains sains, à cette époque, ont été baptisés les Sacs à sang.

Après des guerres éprouvantes qui ont décimé les Charognards et quasiment toute la population humaine, les survivants BOA et humains ont créé une communauté, nommée Liberté, sur une île. Contre une promesse de paix, les humains devaient donner leur sang une fois par mois pour permettre aux BOA, qui détenaient la majorité des richesses et des savoirs, de survivre. Mais les idéaux de l’époque ont été oubliés. La liberté des humains sains n’est devenue qu’illusion et les BOA contrôlent la Cité.

Voilà le monde dans lequel ont atterri au début de ce roman. Il m’a complètement happée dès le départ. J’ai été subjuguée par l’imagination bienvenue de Magali Laurent qui mêle parfaitement la dystopie et le post-apocalyptique à un univers fantastique, que certains pourraient approprier à de la bit-lit. Je n’irais pas jusque-là car je ne connais pas assez ce genre littéraire pour l’affirmer. Mais je dois dire que j’ai été séduite par cette histoire sombre et captivante.

Nous découvrons ce monde post-apocalyptique au travers de plusieurs points de vue qui s’alternent tout le long du roman. Oxana, d’abord, qui a grandit avec son frère jumeau, Alex, dans un Cellier, un lieu où les jeunes humains sont réduits à l’esclavage et à alimenter le marché de Liberté en sang humain. Leur journée est tellement chronométrée qu’il leur est impossible de tisser des relations. Cléo, ensuite, une humaine qui a vécue dans un espace isolé, uniquement visitée par sa mère, et qui a été élevée pour servir un riche BOA lorsqu’il serait temps pour elle d’être vendue. Et Kael, enfin, un jeune BOA plein de colère et de rancœur, qui exècre sa condition de BOA et qui souhaite aider comme il peut la résistance humaine qui gronde dans les bas-fonds de la ville.

J’ai fortement apprécié ces trois personnages. Avec leurs forces et leur fragilités, ils composent un trio qui se complètent et qu’il est plaisant de suivre. Même si Kael est trop peu présent à mon goût, notamment dans cette fameuse seconde partie. Je comprends pourquoi il disparaît mais je pense qu’il aurait apporté le rythme qu’il a manqué à ce stade-là du roman. J’ai apprécié qu’aucun de ces personnages ne soit surpuissant. Ils n’ont pas des capacités exceptionnelles qui feraient d’eux des héros, ce sont juste des adolescents normaux qui subissent le monde dans lequel ils vivent, sans pouvoir et sans réel perspective d’avenir, enfin pour un temps je l’espère pour eux. Ils essayent de survivre avec le peu de moyens dont ils disposent : l’obéissance, la colère, la manipulation, la soumission. C’est pas très avenant tout ça, je l’admets. Mais c’est justement cela que j’ai adoré. Rien n’est facile pour eux, et cela n’apporte que plus de réalisme à cette histoire. Mais ce n’est qu’un premier tome, qui pose les bases de cet univers. Soyons patients, je suis certaine que les tomes suivants nous apporteront de l’espoir et la lumière tant désirée.

Mais de tous les personnages, mon cœur ne va pas à ces trois-là, mais à Denys, l’un des précieux lots de cette loterie. Peut-être parce que c’est celui qui est le plus torturé, le plus complexe, le plus nuancé. J’espère sincèrement que nous aurons droit à son point de vue dans les prochains tomes car c’est un personnage qui mérite d’apporter sa voix dans ce roman. J’espère également que cela sera le cas d’un des membres du dernier couple d’humains proposés à la loterie car au final nous savons très peu de choses sur eux, ce qui les rends superficiels et jetables. Les maigres répliques qu’on leur donne dans ce premier tome n’ont pas suffi à éveiller mon intérêt pour eux. Et c’est dommage car je suis certaine qu’ils pourraient être intéressants et attachants si on leur laissait la chance de s’exprimer véritablement. En revanche, je n’ai pas trop accrochée à Alex, le frère d’Oxana, que j’ai trouvé assez fade et lisse. Il ne vit que pour la protéger.

Il est difficile de ne pas être révoltée par l’horreur de l’esclavagisme humain dépeinte dans ce livre et par l’égoïsme et la cupidité des BOA. Ceux-ci préfèrent développer un moyen de rendre les humains immortels, pour pouvoir les saigner Ad vitam æternam, plutôt que d’essayer de trouver un remède à leur condition de BOA. Sans mauvais jeu de mot, cela m’a glacé le sang.

En tout cas, je suis curieuse de connaître ce que nous réserve la suite. En dehors de découvrir la suite des sombres « aventures » de nos jeunes protagonistes, j’aimerais que l’auteure apporte des réponses à ma principale interrogation : la civilisation humaine est-elle réduite à la cité Liberté? Est-ce qu’un avenir est envisageable en dehors des murs de cette île?

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B.O.A est une saga dystopique assez sombre mais sacrément prometteuse. Magali Laurent revisite complètement ce genre et s’approprie à sa façon le mythe vampirique. J’ai complètement adhéré et j’ai été séduite par ses jeunes personnages. L’alternance de points de vue est menée habilement même si elle m’a paru un peu moins maîtrisée dans la seconde partie pour laquelle des petites longueurs se sont du coup faites ressentir. Ce premier tome passe de peu à côté du coup de cœur. En tout cas, je remercie encore une fois Babelio et les éditions de Mortagne de m’avoir permis de découvrir cette saga. Sans eux, je serai probablement passé à côté de cet univers fantastique, qui je l’espère se révélera être une petite pépite une fois tous les tomes sortis.

17/20

Mon avis sur les autres tomes de la saga :

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Auteur(s) : Magali Laurent
Éditions : Éditions de Mortagne
Nombre de pages : 446
Catégorie(s) : Science-fiction, Young-adult

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