[Chronique] « A même la peau » de Lisa Gardner

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Échappe-t-on à son destin quand on naît d’une famille marquée du sceau de la mort ?

Fille d’un tueur en série et sœur d’une meurtrière à 14 ans, Adeline est devenue médecin, comme son père adoptif. Sa spécialité : la douleur, qu’une anomalie génétique l’empêche pourtant de ressentir. C’est dans son cabinet qu’elle rencontre l’inspectrice DD Warren, blessée à l’épaule sur une scène de crime. Elle a été poussée dans l’escalier mais n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé.
Alors qu’elle se laisse doucement séduire par les méthodes de sa thérapeute, DD Warren découvre que les meurtres sur lesquels elle enquête, des jeunes femmes écorchées, ressemblent étrangement à ceux commis par le père d’Adeline il y a plus de vingt ans…

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Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et les éditions Albin Michel de m’avoir permis de lire ce roman.

Quel plaisir de renouer avec le thriller! Ça faisait un bail (enfin de mon point de vue) que je n’en avais pas lu, c’est à dire un peu plus de 3 mois. Et du coup, ça m’a fait un bien fou de me replonger dans l’une de ces histoires si particulières où les pensées et les motivations du tueur sont décortiquées à l’extrême par les enquêteurs jusqu’à ce qu’ils arrivent à mettre un terme à ses agissements. Je me suis rendue compte que ce genre littéraire m’avait manqué.

J’avoue avoir un peu hésité au départ à accepter la masse critique proposée par Babelio car en me renseignant sur ce roman, je me suis rendue compte qu’il faisait partie d’une saga autour du commandant D.D. Warren et de son équipe. Et je n’aime pas prendre une série en cours de route. Mais je me suis quand même laissée tenter parce que le résumé m’a intrigué et j’ai eu bien fait. Si on sent que l’unité et la confiance qui caractérisent l’équipe de D.D. Warren, ainsi que son histoire avec son mari Alex, se sont construites au fil d’enquêtes passées, cela n’est absolument pas gênant. Je n’ai pas eu l’impression de manquer d’informations et je ne me suis pas vraiment posée de questions sur ces anciennes affaires. Donc si vous êtes comme moi, vous pouvez y aller sans soucis. Le seul truc qui m’a un peu agacé, c’est qu’il est trop souvent fait allusion aux énormes qualités d’enquêtrice de D.D Warren, à sa brillante intelligence, elle qui a su résoudre pas mal d’affaires hyper médiatisées. Sauf que ne connaissant pas le personnage et son passif, c’était un peu dur d’y croire au début étant donné qu’elle était bloquée chez elle à subir sa douleur en étant emplie de colère et de honte d’être tant diminuée et dépendante à son mari.

Se précisa alors l’idée qui lui trottait dans la tête, cette question essentielle qui méritait réflexion et qui l’avait conduite à se retrouver là, dans le noir : Pourquoi une mise en scène? Pourquoi pousser aussi loin le souci de la composition, sinon pour manipuler le spectateur et l’amener à voir exactement ce que vous vouliez lui faire voir?

Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman, ce sont les alternances de point de vue entre D.D et Adeline. J’admire le talent de l’auteure (ainsi que de la traductrice) qui arrive à passer d’un style d’écriture à un autre aussi facilement. Car si le point de vue de D.D est à la troisième personne, celui d’Adeline est la première. Et on passe de l’un à l’autre de manière très aisée. La différence peut paraître sans intérêt mais il n’en est rien. En réalité, elle apporte beaucoup. Dans les chapitres avec D.D, je me suis imaginée à ses côtés, comme si j’étais un membre invisible de son équipe et que j’écoutais et enquêtais avec eux. Et ceux avec Adeline m’ont permis de mieux comprendre ce personnage si complexe, captivant et singulier qui semble être au cœur de toute cette histoire. Avec un récit à la troisième personne, je pense que j’aurais eu un peu plus de mal à la cerner.

Lisa Gardner a aussi un don pour rendre ses personnages très attachants, même ceux auxquels on s’y attend le moins. Car malgré le fait qu’elle soit une meurtrière complètement psychotique et incapable d’aimer ou d’avoir de l’empathie pour autrui, c’est bien le personnage de Shana, le sœur d’Adeline, qui m’a le plus marquée. Je ne l’oublierai pas de sitôt je pense car, à sa manière, je l’ai trouvé extrêmement touchante et son histoire m’a vraiment peinée. Aurait-elle était comme ça sans Harry Day? On ne le saura jamais.

– Si j’ai pu repérer des similitudes entre ce meurtre, les œuvres de votre sœur et les crimes de votre père, d’autres le feront.

– Exact.

– Donc la situation pourrait empirer, et pour elle et pour vous.

– Oh que oui, confirmai-je, les yeux toujours rivés sur le bureau pour ne pas croiser son regard. La situation est en passe d’empirer sérieusement.

Bien que ce thriller n’ait pas eu l’effet d’un page-turner sur moi, j’ai tout de même passé un très bon moment en sa compagnie. Si au début je trouvais cela peu crédible que la médecin qui aide D.D à gérer sa douleur soit directement liée à l’enquête qui a justement amené D.D à être blessée, j’ai fini par me rendre compte que l’auteure avait eu parfaitement raison de procéder ainsi. Car le fait que D.D et Adeline se rencontrent avant que ce lien soit établi leur permet de nouer une relation forte et intéressante à suivre tout au long du roman. Cela n’aurait pas du tout était pareil si elles s’étaient rencontrées pour la première fois dans des circonstances policières car D.D n’aurait pas eu le même regard sur Adeline et je ne suis pas certaine que leur duo étrange aurait ainsi si bien fonctionné à mes yeux. Je regrette simplement que la douleur de D.D, élément déclencheur de leur rencontre, soit complètement mis de côté lorsque ce lien est fait. Un peu comme si elle disparaissait d’un coup, en un claquement de doigts, afin de laisser la place à l’enquête.

Enfin, concernant le coupable, je dirais simplement que ses motivations ainsi que ce qu’il/elle était prêt(e) à faire pour atteindre son but m’ont fait froid dans le dos. J’ai trouvé l’intrigue autour des meurtres parfaite et très bien menée par l’auteure.

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Un bon thriller qui m’a permis de renouer avec ce genre littéraire que j’avais un peu mis de côté ces derniers mois. Bien que des petits détails m’ont un peu chiffonnée pendant la lecture, j’ai bien aimé ce roman. Lisa Gardner a beaucoup de talent et arrive à mêler deux styles d’écriture de manière naturelle et aisée. J’ai adoré ce mélange qui m’a permis d’une part de me sentir intégrée à l’enquête et d’autre part de mieux comprendre Adeline et de m’attacher, à ma grande surprise, au personnage de Shana qui n’est pourtant pas des plus séduisant.

Vous pouvez lire ce tome indépendamment du reste de la saga. Je ne la connaissais pas et pourtant cela ne m’a pas gêné, le seul lien qu’on peut sentir entre les différents tomes étant l’évolution de la vie personnelle de D.D et de son équipe.

16/20

a_meme_la_peau.jpgAuteur(s) : Lisa Gardner
Traduction : Cécile Deniard
Éditions : Albin Michel
Nombre de pages : 504
Catégorie(s) : Thriller

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