[En bref] « Un couple irréprochable » d’Alafair Burke

Salut,

Pierre du site Babelio m’a proposé récemment de participer à une masse critique privilégiée pour Un couple irréprochable d’Alafair Burke. Il s’agit d’une autrice que je n’ai jamais lu mais dont je connais le nom car je sais qu’elle co-écrit une série de romans avec Mary Higgins Clark, une autrice que j’aime lire de temps en temps pour ses intrigues policières pas prise de tête. J’étais donc curieuse de découvrir la plume d’Alafair Burke.

Je remercie ainsi chaleureusement Babelio et Les Presses de la Cité de m’avoir sélectionnée pour cette masse critique. Si je n’ai pour le moment pas eu de coup de cœur pour l’un de leurs romans (quoi que, bien que lu en version poche, Nymphéas noirs de Michel Bussi a été initialement publié chez eux!), cela a toujours été de belles lectures.

Et celui-ci ne déroge pas à la règle…

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Un couple irréprochable d’Alafair Burke

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… même si je vais avoir un peu de mal à écrire cet avis car les mots ont sacrément du mal à venir, je l’avoue. Honnêtement, je l’ai aimé mais je ne sais pas trop comment t’exprimer mon ressenti. L’intrigue est efficace et bien ficelée (et bien plus alambiquée et psychologique que celles des romans de Mary Higgins Clark) mais surtout très réaliste. Car elle met d’abord en scène ce que les femmes victimes d’agressions sexuelles subissent encore trop souvent aujourd’hui lorsqu’elles portent plainte : la suspicion, le jugement, l’impression que c’est peut-être de leur faute ou qu’elles l’ont bien cherché, le doute, l’instrumentalisation si le présumé agresseur est une personne puissante, l’égoïsme des acteurs de l’enquête. Alors que la neutralité et la justice est la seule chose à laquelle elles devraient faire face, qu’elles disent la vérité ou non. J’ai trouvé que ce roman dépeignait et traitait de manière très intéressante et juste ces réalités affligeantes.

J’ai également apprécié la plume fluide d’Alafair Burke. Elle instaure le doute dans l’esprit de ses personnages comme dans celui des lecteurs, de sorte qu’on ne sait plus très bien à quoi et à qui se fier. Elle joue avec les mots et les scènes pour dévoiler au bon moment l’élément crucial que je n’ai pas forcément toujours vu venir. J’ai également aimé sa manière d’alterner les points de vue, en écrivant celui d’Angela à la première personne alors que tous les autres le sont à la troisième. Cela nous permet de comprendre au mieux la personnalité complexe de cette femme, tout en ayant un regard omniscient sur l’enquête afin d’être bien conscient de tous ses enjeux.

Je ne peux donc nier toutes les qualités de ce roman : son intrigue efficace, sa plume plaisante à lire, la complexité de son personnage principal, son regard neutre sur le traitement des agressions sexuelles et son inspiration puisée dans le mouvement #metoo. Mais je suis restée malgré tout assez distante vis-à-vis de cette lecture car je n’ai eu aucune empathie pour les personnages. Je ne me suis pas attachée à eux et se faisant j’ai eu du mal à m’intéresser pleinement à leur histoire. J’ai pourtant bien aimé ceux de Corrine Duncan, l’inspectrice en charge de l’enquête, et Spencer, le fils d’Angela et Jason. J’ai apprécié l’intégrité de la première, qui tente de démêler le vrai du faux dans toute cette histoire avec sérieux et implication, et la maturité du second même s’il est tout de même assez peu présent. Le problème venait peut-être d’Angela étant donné que c’est le personnage avec lequel on passe le plus de temps. Je ne l’ai ni appréciée ni détestée. Elle m’a ennuyé ou surprise, agacée ou intriguée, énervée ou peinée. Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne m’a pas laissé indifférente. Mais j’ai souvent eu l’impression d’avoir affaire à un robot, qui maîtrise ses gestes et ses paroles afin qu’on ne découvre pas ses angoisses et ses secrets. Les apparences et les faux-semblants sont au cœur de son existence. Son histoire personnelle est bouleversante, sa force de caractère impressionnante mais un peu plus d’humanité et de vulnérabilité lui aurait été bénéfique. Je me serais sentie ainsi probablement plus affectée par ses sentiments ou ce qu’elle vit. En fait, c’est peut-être juste ça qui m’a manqué.

Et parce que je ne suis pas pleinement satisfaite par cet avis, si tu hésites à te laisser tenter par ce livre, je t’invite à aller lire la super chronique d’Audrey du blog Light and Smell. Contrairement à moi, elle a pour le coup réussi à trouver les mots justes pour parler de ce roman.

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Quatrième de couverture : Angela Powell est en apparence une femme comblée. Elle mène une vie confortable avec Jason, un brillant professeur d’économie devenu une personnalité médiatique, et leur fils de treize ans. Mais leur bonheur de façade se lézarde lorsque l’une des stagiaires de son mari dépose plainte contre lui pour comportement déplacé, puis qu’une de ses collaboratrices l’accuse de viol. De quoi donner à Angela l’impression qu’elle ne connaît peut-être pas si bien celui qui partage sa vie. Pourtant, face à l’obstination d’une enquêtrice coriace, elle choisit quand même de jouer son rôle d’épouse et de le défendre, envers et contre tout.
La disparition soudaine d’une des deux jeunes femmes donne cependant une autre dimension à l’affaire. Tandis que la presse se repaît du scandale, Angela est tiraillée entre la honte, le doute et le besoin de préserver un sombre secret…

Éditions : Presses de la Cité
Traduction : Isabelle Maillet
Nombre de pages : 429
Catégorie(s) : Thriller

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