[#PLIB2021] « Carne » de Julia Richard

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Simon ne va pas bien. D’ailleurs, depuis qu’il s’est mis à vouloir manger de l’humain, les choses ne tournent pas bien rond dans sa tête. Face à une société qui les traite, lui et ses congénères, comme des zombies, il fait de son mieux pour garder sa dignité, s’occuper de sa famille et être professionnel au bureau. Mais comment rester soi-même quand la faim frappe à la porte avec autant de délicatesse qu’un tank sur un champ de mines ?
Contraint à gérer son état parasite en maintenant l’illusion de la routine, il décide d’en faire une histoire de famille. Et vous savez ce qu’on dit sur les histoires de famille ?
C’est toujours un sacré bordel.

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Je remercie les éditions de l’Homme Sans Nom (HSN) de nous avoir offert ce roman!

Bon, bon, bon, je suis bien embêtée pour écrire cet avis car je ne sais absolument pas si j’ai apprécié ou non ce roman! Sélectionné pour le PLIB 2021, je dois t’avouer qu’il me faisait un peu peur. Je ne sais pas s’il fera partie des finalistes mais j’ai préféré prendre les devants en choisissant volontairement de le lire maintenant. Se sentir forcer à lire un roman qui ne t’attire pas à la base ne permet pas vraiment de se mettre dans les bonnes conditions pour le découvrir à sa juste valeur je pense.

Et je dois avouer que la lecture n’a pas été aussi déplaisante que je l’avais craint… même si le premier tiers a été difficile à lire mais pas pour les raisons attendues. En effet, il faut savoir que les chapitres sont dans le désordre dès le début car on suit Simon qui se perd peu à peu dans sa maladie et dans l’imbroglio de ses souvenirs. Il ne sait plus à quel moment il se trouve si bien que le lecteur est donc tout aussi perdu que lui. C’est un parti pris de l’autrice et je peux tout à fait comprendre que certains lecteurs décrochent car ce n’est vraiment pas facile de lire un récit à l’enchaînement anarchique. Mais aillant connaissance de cette particularité, je m’y étais préparée. Je me suis donc laissée portée par la folie de Simon. Et dans l’ensemble, j’ai à peu près réussi à remettre tout dans l’ordre à un ou deux détails près : sa relation avec sa femme (je n’ai rien suivi à son évolution au cours de l’histoire ce qui fait que je n’ai pas trop compris ses réactions) et un chapitre de la fin où l’état vivant ou mort d’un personnage m’a complètement perdue alors que Simon me paraissait pourtant avoir l’esprit plus sain.

Donc, non, ce n’est pas l’étrange narration qui a compliqué ma lecture au début mais le narrateur. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : c’est un c**! Enfin, dans les premiers chapitres du moins. Je l’ai tellement instantanément détesté que j’ai songé à m’arrêter là. Mais comme je ne savais pas si c’était sa maladie qui parlait ou sa vraie personnalité, j’ai poursuivi. Bien m’en a pris car il se révèle finalement légèrement plus sympathique par la suite, parfois même touchant et censé dans ses réflexions. Et j’ai, je pense ou je l’espère, aperçu sa vraie personnalité, celui qu’il était avant cette épidémie. Je ne comprends donc pas l’intérêt de l’avoir rendu si antipathique dès le départ. Car il y a vraiment matière à rebuter et dégoûter le lecteur! J’aurais donc préféré faire sa connaissance avant ces évènements pour mieux me rendre compte de ce que cette maladie change en lui ou l’impact qu’elle a sur ses proches, en particulier Jessica. Là encore, comme nous ne la connaissons pas avant l’épidémie, il est impossible de savoir si celle-ci lui a fait péter une durite ou si elle en a profité pour laisser le champ libre à la violence qui l’habite. Était-elle pleinement consciente de ses actes ou sous l’effet de la maladie elle aussi? Nous n’aurons pas vraiment la réponse (ou alors je ne l’ai pas saisie), si bien que je n’ai pas compris l’intérêt d’ajouter une touche d’inceste à l’histoire. Pour moi cela n’apportait rien du tout, si ce n’est des passages malaisants. (Edit : l’autrice a apporté quelques explications sur ce point lors d’une discussion que nous avons eu toutes les deux et il s’avère que cette touche d’inceste avait justement pour but d’être malaisante afin d’interpeller et sensibiliser le lecteur sur le sujet et qu’il prenne conscience que ce n’est pas normal. Je comprends donc mieux maintenant même si je n’avais pas saisi cela lors de ma lecture et de l’écriture de mon avis que j’ai réalisé un peu à chaud).

Le ton volontairement trash, irrévérencieux, vulgaire, gore et direct ne plaira pas à tout le monde, c’est certain. Je l’ai personnellement apprécié tout comme son humour noir et grinçant. Certains passages m’ont ainsi beaucoup fait rire, en particulier ceux mêlant réseaux sociaux et zombie. J’y ai vu une critique de la société spectacle vraiment bien amenée. J’ai également apprécié les petites références culturelles d’aujourd’hui. Concernant le mythe du zombie, j’ai aimé comment l’autrice le dépoussière à sa sauce (même si certains passages m’ont particulièrement dégoûtée!). Est-ce qu’un zombie doit être forcément un mort-vivant qui traîne la patte, dont l’unique but est de bouffer de la chair fraîche et juteuse? Pas nécessairement pour moi. J’ai donc aimé la manière dont Julia Richard se l’approprie en nous proposant une épidémie où les malades se retrouvent à vouloir manger de l’humain du jour au lendemain. Le changement qui s’opère dans le régime alimentaire de Simon, aussi répugnante que soit l’idée, est bien traité et pas une seule fois je n’y ai vu une apologie du cannibalisme.

Comme tu peux le voir, il y a des points qui m’ont plu, d’autres moins. Mais, au final, est-ce que cette lecture était vraiment pour moi? Difficile à dire… C’est un titre original, atypique, unique et qui sort totalement du moule. Ceci explique peut-être pourquoi il me déstabilise. Je ne sais pas si je vais voter pour lui car j’ai peur dans le cas où il soit finaliste qu’un nombre important de jurés se sente forcé à lire un roman pour lequel ils ressentent un fort sentiment de dégoût sans même l’avoir lu. Leur état d’esprit ne serait alors probablement pas le bon et un flot de critiques négatives risquerait alors de pleuvoir sur ce livre alors que ces lecteurs n’auraient jamais dû le lire à la base. Je suis donc partagée entre l’idée de le laisser trouver son public tranquillement afin que des lecteurs consentants le découvre de leur plein gré ou voter pour lui car bon sang il se démarque sacrément! J’ai quelques semaines pour me décider!

Et si tu hésites à te laisser tenter, alors je t’invite à aller lire la super chronique de Saiwhisper! Bien construite et juste, elle te donnera un joli aperçu de ce qu’il t’attend sans trop en dévoiler pour autant 😊 Tu pourras ainsi déterminer si ce livre est fait pour toi ou non, bien plus qu’avec mon propre avis je pense 😉.

3-flammes-indecise

carne
Auteur(s) : Julia Richard
Éditions : Editions de L'Homme Sans Nom (HSN)
Nombre de pages : 320
Catégorie(s) : Science-fiction
ISBN : #ISBN9782918541707

13 réflexions sur “[#PLIB2021] « Carne » de Julia Richard

  1. lespagesquitournent dit :

    Oh, mais ta chronique est super ! Bien argumentée et compréhensible. Tu mes en lumière tous les éléments qui peuvent titiller la curiosité du lecteur ou le dérouter (ex : la numérotation des chapitres et l’ambiance démente).
    Effectivement, le personnage principal est peu attachant au départ ! Même après, il ne l’est pas, mais on comprend mieux certaines choses ! L’atmosphère malsaine et dérangeante m’a convaincue, car elle est bien gérée. Mais comme, tu le dis, cela ne plaira clairement pas à tout le monde ! (Ne serait-ce que le thème du zombie qui a un petit public…) Je ne pense pas voter pour lui parmi les 5 car, comme tu l’as dit, beaucoup vont le descendre car il n’est pas à leur goût. Or, c’est une livre qui peut plaire à ceux qui aiment ce genre d’ouvrages. Donc ce serait dommage qu’ils passent à côté en raison de mauvaises notes données par des personnes qui se sont « forcées » à le lire. Tu as parfaitement raison là dessus !
    Sinon, je ne crois pas que la fille soit « zombifiée »… Je pense qu’elle est comme ça… Et c’est assez horrible. Quel étrange lien avec son géniteur…

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    • Callysse dit :

      Ah bon bah merci 😅 Je crois que je suis pas assez objective quand il s’agit de mes avis^^ Je les trouve souvent pourri comparé aux autres lol. Tout à fait d’accord avec toi, c’est pour ça que je tenais à l’indiquer dans ma chronique. Laissons-le trouver son public. Concernant Jessica, je viens en discuter avec toi en privé pour clarifier mon point de vue sans spoiler ceux qui n’auraient pas encore lu ce roman avec ces commentaires 😉

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  2. Julia RICHARD dit :

    Hello Callysse (et Saiwhisper), merci pour cette chronique complète. Je la trouve géniale parce que peu importe que tu ais aimé ou non, on voit que ça ne t’as pas laissée indifférente et que tu te poses des questions, et c’est ce qui m’importe !
    Effectivement Simon est plutôt détestable : paternaliste avec sa famille et ses collègues, sexiste, égocentré etc. A mon sens ce n’est pas tant qu’il change au fil du récit, mais on en sait plus sur lui, sur sa vie, comment il a rencontré sa femme, comment lui aussi est un employé déçu etc. Et ça le rend plus touchant… Mais ça reste un boomer un peu beauf. J’avais pas envie de travailler avec un personnage noble, je voulais un mec médiocre comme lui (parce que ça me semblait plus intéressant que de voir ce qu’une Mère Térésa irait faire à sa place).
    Jessica est plus complexe. Elle n’a que 19 ans, est encore trop impulsive, trop immature, trop égoïste… ça + le traumatisme, + la maladie de son père qui la parasite, difficile de savoir si on doit lui trouver des excuses ou non, n’est-ce pas ? 🙂 J’avais pas envie de trop en dire sur mes personnages avant la crise, mais je sais que ça peut être frustrant… désolée ^^
    Pour l’inceste, il ne sert pas l’intrigue directement, mais il enrichit le récit. Il est là pour dénoncer l’inceste justement, pour montrer comment dans une situation de crise certains piliers identitaires peuvent s’effondrer et comment on peut au final assez facilement glisser dans la déviance (+ contexte fantastique qui joue un gros rôle, évidemment). C’est pas là pour faire plaisir, ni pour être expliqué, décortiqué à fond et justifié, c’est là pour rappeler que ça existe (1 français sur 10 apparemment), et que ce n’est jamais excusable… Tant mieux si ça écœure alors même que les deux personnages sont adultes et consentants.
    Enfin, pour ce qui est du PLIB, je dirai simplement que je suis très reconnaissante de la visibilité que ça m’apporte jusqu’ici. 🙂

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    • lespagesquitournent dit :

      J’adore en savoir plus sur le choix de tels personnages !^^ Je me doutais un peu pour le choix de cet anti-héros, mais je n’avais pas tout perçu la psychologie de sa fille.
      Effectivement 1 personne sur 10… C’est juste énorme et effroyable…

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    • Callysse dit :

      Merci beaucoup d’être passée sur mon modeste petit blog, d’avoir pris le temps de me lire mais surtout d’écrire ce super commentaire qui éclaire beaucoup de choses sur ma lecture de votre roman! Je vais le mettre en référence dans mon avis parce qu’il apporte énormément d’informations très intéressantes (notamment votre point de vue concernant la raison de la présence de cette relation incestueuse et la construction de vos personnages)! Effectivement, difficile de voir si Jessica est excusable ou non 😉 Tout comme son père d’ailleurs! Concernant le PLIB, si votre roman se retrouve finaliste, ça ne vous fait pas peur ce risque de voir un nombre important de critiques négatives (qui seraient injustifiées pour moi, étant donné que les lecteurs ayant de forts préjugés négatifs sur votre roman et qui je pense ne vont pas l’aimer ne l’auraient pas lu s’il n’y avais pas leur devoir de juré)?

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      • Julia Richard dit :

        Merci à toi (on peut se tutoyer, hein ?)
        Et très chouette blog, d’ailleurs ! (Ton avis de Les aînés, tome 1 donne vraiment envie).

        Pour te répondre sur la partie to be finaliste or not to be finaliste du plib (parce que bon, j’avais esquivé le point, mais tu me rappelles à l’ordre) : J’en sais trop rien.
        Niveau visibilité, ça serait génial d’être finaliste du plib. C’est un prix qui gagne en notoriété chaque année, et qui a l’avantage d’être un vrai prix citoyen, loin de tout copinage et conflits d’intérêts. C’est pas parfait, bien sûr, parce que les toutes petites maisons d’édition et autoédition sont encore mal représentées, mais c’est mieux qu’ailleurs. En partant d’une base de 150 romans (choisis par les juré.e.s, sans soumission des maisons d’édition), ça laisse vraiment une belle chance aux jeunes plumes. (D’ailleurs, la sélection n’est pas faite que de « poids lourds » de l’imaginaire).
        Maintenant, Carne est un outsider dans la sélection, et j’avais appréhendé avant même le top 25, que je risquais de découvrir le revers de la médaille s’il allait plus loin dans la compétition. Je ne veux dénigrer personne, chacun ses goûts, et c’est très dur de juger sur un pied d’égalité toute la SFFF qu’elle soit jeunesse, YA, ou adulte. Mais, je ne cache pas que quand je vois certains commentaires de juré.é.s type « urf, je croise les doigts pour qu’il passe pas top 5 pour pas avoir à le lire » et les réponses « au pire, tu as qu’à en lire 10% et c’est bon », ça me chagrine. On a le droit d’avoir des aprioris, on a le droit de pas aimer, mais -selon moi- quand on s’inscrit pour être juré.e d’un prix, on s’engage à une certaine curiosité, ouverture d’esprit, et bienveillance, pour ne pas dévaloriser et faire perdre de la crédibilité au prix en question. On peut espérer que tel ou tel livre aille plus loin dans la sélection ; il faut par contre peut-être éviter de souhaiter l’échec des autres… surtout quand on ne les a même pas lus.
        Personnellement, je trouve que le plib gagnerait à faire un certain tri qualitatif dans les jurés, ce que fait le prix BDstagram par exemple : >500 abonnés, au moins 40 posts de BD publiés dans l’année,>50% du feed qui parle de BD. Ca permettrait de rester accessible à presque n’importe qui sans avoir besoin d’être un influenceur de haut rang, et d’être un peu plus assurés que les profils de jurés sont pertinents par rapport au plib. Mais par définition, mettre des barrières à l’inscription fait que ça n’est plus autant citoyen, et dans le fond quels critères mettre en place ? Ca dépend aussi de la vocation que le plib a j’imagine, et là, je ne m’avancerai pas à la définir. (Sans compter la charge de travail et la complexité qu’un tel tri impliquerait.)
        En tout cas, j’ai personnellement l’impression que certaines personnes se sont inscrites au plib parce que c’était « cool / fun / communautaire » (et ça l’est !), mais que pour eux/elles il y a peut-être une confusion entre « imaginaire » et « merveilleux »… Carne est de la SF d’anticipation (ou du fantastique, si on se rappelle que les zombies sont des créatures surnaturelles), donc bien de l’imaginaire, mais clairement pas édulcorée. Il aurait été préférable de se préparer à juger aussi ce type de romans alors qu’on se porte volontaire pour la mission de juré.e d’un prix littéraire de l’imaginaire. Et à mon sens, il ne s’agit pas tant « d’aimer » un livre que d’être capable de reconnaître ses qualités.
        Résultat, c’est indéniable que c’est un peu dommage que pour « protéger/rendre service à » un livre que l’on a aimé, certain.e.s juré.e.s songent à le saboter dans la compétition en ne votant pas pour lui. Ca montre qu’il y a un problème quelque part… Quand on y pense, on se dit que c’est absurde, mais en pratique, je vous donne absolument pas tort : je ne tiens pas du tout à me retrouver avec une flopée d’avis négatifs juste parce que certain.e.s juré.e.s ont décider de ne pas aimer Carne avant même de le lire (Et plus, il leur est accessible gratuitement !). Et oui, comme tu le soulignes, s’iels n’y étaient pas forcé.e.s, iels ne l’auraient probablement jamais lu. Carne n’a pas été conçu pour être tout public, clairement.
        Ce point concerne peut-être 1 ou 2 juré.e.s… ou 50, 60, j’en sais rien… En tout cas, c’est certain que passer finaliste m’exposerait à ce risque de dévalorisation subite et pas forcément méritée de mon travail.
        De toute façon, je pense que mes chances d’être finaliste sont déjà très minces, mais si ceux/celles qui ont aimé le roman ne votent pas pour lui, alors là y’a plus aucun risque. ^^’
        Mais comme je n’ai aucun contrôle sur la situation… J’attends, et je verrai bien ! 🙂

        Voilà, à nouveau ça n’est que mon avis, et je ne tiens à blesser personne, mais c’est mon ressenti personnel et transparent sur la question.
        Je suis déjà très reconnaissante d’être arrivée jusqu’au top 25, et « so far so good » comme on dit. 🙂

        Bise,
        Julia

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        • Callysse dit :

          Merci pour ce retour! On peut se tutoyer effectivement mais tu sais j’ai tendance à être de la vieille école (sauf sur Insta bizarrement). Je vouvoie les auteurs jusqu’à ce qu’ils me disent que je peux les tutoyer^^

          Je suis d’accord que le prix n’est pas parfait (mais est-ce possible? Personne ne l’est après tout) et je sais que certains jurés ont quitté le navire cette année car ils ne s’y retrouvaient plus (trop de young-adult ou de « merveilleux » comme tu dis). Mais les organisateurs sont tous bénévoles et ils font un travail de dingue pour en arriver à ce qu’il est aujourd’hui : avoir un site internet dédié, contacter les ME, organiser la remise, vérifier les votes en s’assurant notamment que chaque juré a bien lu les 5 finalistes (nous sommes presque 200 je crois), publier régulièrement sur les réseaux, organiser des lectures communes ou l’envoi de livres voyageurs, inciter les jurés à voter pour une sélection éclectique, etc. On ne voit que la partie immergée de l’iceberg. On a tous des idées en tête pour l’améliorer mais elles ne sont pas toujours réalisables ou prennent beaucoup de temps à mettre en place. Peut-être dans quelques années quand il aura encore plus gagné en notoriété. Il reste encore assez jeune et il faut donc lui laisser le temps d’évoluer 😉 Et puis, mettre encore plus de barrières à l’inscription n’est pas forcément représentatif de l’investissement du juré. Par exemple, je n’ai pas beaucoup d’abonnés, je ne publie pas régulièrement mais je fais tout pour consacrer du temps au PLIB et rester la plus objective possible lorsque je démarre une lecture du PLIB.

          L’autoédition n’est pas acceptée (il y a un autre prix qui la récompense d’ailleurs) mais les petites ME y sont tout de même plus représentées que dans les prix « reconnus ». Après reste à inciter les jurés à s’y intéresser c’est sûr et à oublier un peu les poids-lourds qui bénéficient de plus de visibilité. Mais c’est déjà mieux que l’an dernier où il y a plus de petites ME parmi les sélectionnés alors j’ai bon espoir pour les années suivantes 😊

          Je suis d’accord sur le fait que quand on est jurés d’un prix on se doit d’avoir une certaine ouverture d’esprit. Mais on a chacun nos préférences et j’ai moi-même espéré l’an dernier que le roman qui me faisait le plus « peur » ne soit pas finaliste (on est humain après tout). Mais il l’a été au final et j’ai été très fière de le lire en entier (j’ai même su l’apprécier par moment). J’admets toutefois qu’envisager dès le départ de ne lire que 10% d’un roman est un manque de respect pour l’auteur, son travail et son engagement en temps que juré. Il y a malheureusement beaucoup de préjugés sur votre roman et j’ai essayé d’en remettre en cause certains dans ma chronique pour inciter certains jurés à les laisser de côté s’ils se laissent tenter.

          On verra bien début mars. Personnellement, même si je ne sais toujours par si je l’ai apprécié ou pas, je reconnais certaines qualités à votre roman mais surtout une originalité indéniable avec ce mélange de chapitres maîtrisé 😊 Il fait réagir c’est certain! Et quelque soit le résultat du vote, je lui souhaite de rencontrer un joli succès car il ne ressemble à aucun autre et mérite qu’on le lise sans aucun à priori 😘 C’est justement pour ça que je l’ai lu en janvier, pour être la moins influencée.

          Marion

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          • Julia Richard dit :

            Hello Marion,

            Je refaisais un tour par ici parce que je sors d’une discussion avec l’orga du plib qui a remis les choses en perspectives.
            Je crois qu’on est tous.tes d’accord : iels font un boulot de dingue pour ce prix… Et avec son côté tout public, il manque quand même clairement pas de charme (et évite le copinage / cooptation / népotisme etc.). Sans compter tout le boulot minutieux que fait l’orga, avec en face des interlocuteurs d’autant plus multiples que la (pré)sélection est large (et à l’initiative des juré.e.s)…franchement, je dis chapeau ! Comme tu le soulines, on ne voit que la partie émergée de l’iceberg, et ça serait difficile de faire mieux sans perdre autre chose.

            Pour Carne, elle (l’orga) a remis les choses en perspective : « il fait parler, mais ne fait pas débat ». 2-3 personnes parlent peut-être un peu fort, mais ce sont des discussions en ligne non seulement pas forcément représentatives de leur vraie attitude dans le prix, et puis, ce n’est pas non plus représentatif de la globalité des juré.e.s. Bien sûr certain.e.s n’ont pas aimé ou n’aimeront pas, mais au final il est très bien reçu. Et il semblerait qu’il y ait quand un même un tri minutieux des profils, et que le « risque » à passer finaliste (et à ce que ça desserve le roman) ne semble finalement pas être réel. Je ne vois pas tout ce qu’il se dit dessus, et bien sûr quand quelques jurés me disent qu’iels s’interrogent si oui ou non il faut voter pour, ça fait un peu peur, mais à priori, pas de raison de s’inquiéter ; le plib en a vu d’autres !
            In fine, je maintiens que si on trouve qu’un roman mériterait d’aller en finale, c’est quand même dommage de pas voter pour… Après, on est 26 sélectionnés, il n’y a que 5 places, pas facile de faire un choix ! 🙂
            Pour ma part, ça serait cool d’aller en finale, mais vu comment il a attiré l’attention, j’ai quelque part déjà gagné ! 🙂

            Voilà voilà
            Merci encore de tes gentils mots en tout cas ! 🙂

            Aimé par 1 personne

          • Callysse dit :

            Hey salut Julia! Merci pour ton retour. Je suis totalement d’accord avec toi et j’ai moi aussi eu cette discussion avec l’orga. Elle m’a redonnée confiance en moi dans le sens où j’ai décidé de m’écouter pour mon vote plutôt que de prendre en compte le ressenti de jurés qui ne l’ont pas encore lu. Alors même si je ne sais toujours pas si j’ai aimé ou pas ton roman, je ne peux nier le fait qu’il se démarque totalement dans la sélection de cette année. Et c’est justement cette touche d’originalité, de nouveauté que je recherche avec ce prix. C’est donc pourquoi j’ai décidé de voter pour Carne. Il mérite d’être finaliste 😊 Je te souhaite donc de continuer l’aventure du PLIB. Et dans tous les cas, je surveillerais tes prochains écrits! Une belle journée à toi et à bientôt.

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  3. samlorenlivre dit :

    Merci pour cette belle chronique. Elle me paraît très complète. Pour le coup, je ne suis pas sûre de pouvoir l’apprécier. Après, comme je ne trouve pas le temps de lire (vie privée un tantinet compliquée) je ne pense pas trouver le temps de le lire avant le vote.
    Je me souviens de Vincent Tassy.. une lecture tellement originale que je ne pensais pas aimer et à laquelle je pense encore, gros coup de coeur. Ou le Chevet, qui est un bijou indéniable mais tout de même pas pour moi. Le Plib, c’est le hasard ainsi que des surprises bonnes et mauvaises. Merci pour toutes tes chroniques d’ ailleurs 😉

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    • Callysse dit :

      Merci beaucoup! Pourtant, je n’étais pas satisfaite de cette chronique lorsque je l’ai publiée. Faut croire que je suis trop dure avec mes propres avis^^ En tout cas, tout ce que tu dis me touches! Je n’ai pas lu de roman de Vincent Tassy. Je connais l’auteur mais je ne suis pas particulièrement attirée par ses écrits. Par contre, pour le roman de Céline Chevet (si on parle bien de la fille qui tressait les nuages), je suis entièrement d’accord! Le PLIB nous permet de faire de très belles découvertes 😊

      Aimé par 1 personne

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