« D’eau et de sang » de Laurent Salipante

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Dans un monde en déclin où l’eau est devenue le bien le plus précieux, les destins singuliers d’une poignée d’hommes et de femmes s’entrecroisent et s’accomplissent au prix du sang.

Baraka, le maraudeur visionnaire, rêvera-t-il encore longtemps d’atteindre les étoiles ?
Hedi, le faux médecin utopiste, acceptera-t-il de se salir les mains pour bâtir la communauté pacifique dont il rêve ?
Eleanor parviendra-t-elle à faire de sa fille une survivante et Amira à fuir la secte des Rédempteurs ?
Abel, le convoyeur d’eau taciturne, réussira-t-il à venger la mort de son frère ? Pendant ce temps, 67-PO, le redoutable androïde de la Compagnie, rôde pour assurer l’hégémonie de ses employeurs.

Western post-apocalyptique féroce et lumineux, D’Eau et de Sang sonde les tréfonds d’âmes humaines qui ont bien plus à perdre qu’elles le croient.

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Je remercie la plateforme Simplement et surtout Marathon éditions de m’avoir proposer ce roman en service presse!

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J’ai bien aimé ce western moderne qui prend place dans un futur où l’homme a réussi à envoyer des colons conquérir l’espace mais qui s’est pris un vif retour du bâton sur Terre suite à un effondrement sans précédent de la société et de l’environnement. Oubliés les colons, abandonnés les technologies avancées et les androïdes, les derniers terriens vivent sous une chaleur accablante, dans un paysage désertique et désolant, en quête de la moindre goutte d’eau pour survivre à cette nouvelle Terre, devenue hostile, sèche et dangereuse. L’eau est devenue la pierre de voûte d’une économie cruciale sur laquelle les habitants du Nord, à l’abri derrière un mur qui ferait pâlir celui de Berlin, à la main mise grâce à la Compagnie. Pour survivre, les habitants du Sud, qui ont eu le malheur d’être ou de naître du mauvais côté du mur, n’ont pas beaucoup de choix. Ils doivent creuser en quête de sources souterraines, voler les convois d’eau de la Compagnie, rechercher les androïdes cachés dans les montagnes pour échanger leur précieux métal contre de l’eau ou intégrer une secte religieuse qui a la chance d’avoir un accord avec la Compagnie mais qui réserve le pire des sorts à ceux qui ne l’ont pas intégrés.

Dans ce roman choral, on suit plusieurs personnages dont les destins s’entrecroisent, se lient et se délient alors qu’un compte à rebours semble s’être lancé. C’est là tout l’intérêt de ces chapitres aux numéros décroissants qui nous laissent entendre que le pire est à venir. Ce qui est inquiétant, car dès le départ rien ne nous est épargné. Ce monde est dur et violent, y survivre est très compliqué. J’ai dit qu’il y avait plusieurs personnages mais à aucun moment je ne me suis perdue avec eux ou ne les ais confondu, chacun ayant un rôle bien distinct dans cet univers. Le seul bémol à mes yeux est qu’ils font tous parti du Sud. Sur le Nord, on n’apprendra rien à part les rumeurs, les mythes et les on-dit qui se relaie entre sudistes. C’est un parti pris que je comprends car cela permet de garder une certaine part de mystère, mais personnellement j’aurais bien aimé avoir le point de vue d’un nordiste pour en apprendre encore plus sur ce monde post-apocalyptique. Il en est de même concernant la cause de l’effondrement qui est juste brièvement évoquée sans être détaillée. Je peux même encore plus pousser le bouchon en te disant que j’aurais bien aimé savoir, par curiosité, où l’action prend place sur Terre. « Curiosité », tiens, c’est le bon mot ça, car si j’aurais apprécié connaître ces détails, j’admets toutefois que cela n’aurait pas apporté grand chose au récit, celui-ci se concentrant sur d’autres points bien plus cruciaux, ce qui est le plus important!

J’ai passé un bon moment avec ce roman, je me suis même régalée avec les derniers chapitres. Néanmoins, j’ai eu du mal à m’investir dans cette lecture au début et je n’ai pas ressenti d’attachement pour les personnages. C’est principalement dû aux chapitres trop longs et au style de la plume. Je préfère les chapitres plus courts car ils apportent rythme et dynamique au récit. Or, ici, comme on suit plusieurs groupes en même temps, il peut y avoir plusieurs chapitres et donc pas mal de temps de lecture avant de retrouver l’un d’eux, si bien que parfois je ne me souvenais plus trop dans quelle situation je les avais quittés. Cela conduit aussi à quelques ellipses qui n’ont pas toujours été favorables pour la compréhension de l’évolution de certaines relations. Par ailleurs, j’ai des difficultés à adhérer aux narrations factuelles, qui préfèrent décrire plutôt qu’écrire les dialogues. Il y en avait mais pas assez. J’ai besoin de ces derniers pour ressentir les émotions des personnages, pour m’investir dans ma lecture, pour éprouver de l’empathie. Je n’ai pas envie qu’il n’y ait que des dialogues mais je ne suis pas fan quand ils sont racontés plutôt que retranscrits. C’est pourquoi j’ai davantage apprécié les derniers chapitres. La fin approchant, l’action était omniprésente et la narration faisait alors la part belle aux dialogues. Le récit étant plus aéré, je m’y donc suis senti mieux et j’ai alors rechigné à lâcher ce livre. Finir cette lecture sur une bonne note est donc super car j’ai beaucoup aimé la conclusion de cette histoire. Si tu n’es pas gêné par ce style de narration ni par les chapitres longs et que tu aimes les histoires post-apocalyptiques, alors n’hésite pas à découvrir ce roman. Il mérite que l’on se penche dessus.

5-flammes-une-bonne-lecture

d-eau-et-de-sangAuteur(s) : Laurent Salipante
Traduction : /
Éditions : Marathon Editions
Nombre de pages : 422
Catégorie(s) : Science-fiction

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