[#PLIB2020 – Chronique] « L’Arrache-mots » de Judith Bouilloc

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La jeune Iliade a un don merveilleux : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie.
Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale !
Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.

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L’Arrache-mots est un roman fort sympathique mais qui souffre malheureusement d’un petit défaut qui fera tiquer bon nombre de fans de la Passe-Miroir, la saga écrite par Christelle Dabos, et plus globalement tout ceux en quête d’originalité. Je vais d’abord te parler de ce dernier, histoire de m’en débarrasser, afin de te présenter ensuite ce qui m’a plu. J’ai tendance à préférer commencer par la mauvaise nouvelle pour terminer par la bonne.

J’ai reçu ce livre dans la box Mille et un livres de mai 2019 et il était accompagné d’un sketchbook contenant des croquis inédits de l’univers (pas mal pour se plonger dans l’histoire!) mais surtout une interview de l’autrice. Elle y explique qu’elle a eu l’idée de ce roman après avoir lu le premier tome de la Passe-miroir et que l’Arrache-mots est en quelque sorte un hommage assumé à cette saga et à la littérature de manière générale. Si tu n’as pas lu cette interview mais que tu connais La passe-miroir, disons que tu t’en rendras vite compte tellement l’hommage est peu subtile. Que ce soit le mariage arrangé qui cache certaines choses, les caractéristiques physiques ou bien les traits de caractère du futur couple, il y a beaucoup trop de similitudes avec la saga de Christelle Dabos. Tellement, que ce roman en a perdu son identité et sa singularité à mes yeux. Que l’autrice glisse 2-3 clins d’œil à sa saga fétiche, passe encore, mais là c’est bien plus que ça et cela m’a dérangée et perturbée. Involontairement, je n’ai pas pu m’empêcher de les comparer. Et forcément, confronter un one-shot jeunesse à une histoire à l’univers dense et complexe découpée en 4 tomes n’est pas avantageux pour le premier. Si je n’avais pas lu la Passe-miroir, j’aurais donc davantage apprécié l’Arrache-mots.

Elle songeait à son dernier conte, celui de La Belle et la Bête, et aux très nombreuses romances qu’elle avait lues. Elle se dit : « A la fin, c’est toujours plus ou moins la même histoire. Un beau ténébreux – au choix : bête victime d’un sortilège, vampire séduisant, ange déchu, guerrier torturé, aristocrate taciturne – tombe amoureux d’une femme intelligente et belle (sans le savoir). L’âme très pure de l’ingénue apaise les tourments du monstre au cœur tendre. Elle semblait si fragile, elle est si forte en fait. Il semblait si fort, il est pourtant si fragile. Et voilà, l’affaire est dans le sac. Et moi, Illiade, chaque fois je tombe dans le panneau […] ! »

Car à côté de ça, il y a de jolies choses dans ce roman avec lequel j’ai malgré tout passé un joli moment. Déjà, l’objet-livre est très réussi avec une sympathique couverture mais surtout un intérieur travaillé avec des arabesques dans chaque coin et une pagination illustrée fort mignonne sous la forme d’un livre ouvert. La plume est également fluide, jolie et agréable à lire. Autre point positif : il s’agit d’un one-shot et j’avoue que cet argument n’est pas pour me déplaire car aujourd’hui il devient de plus en plus rare d’en trouver tant ils se noient dans l’océan des sagas SFFF qui voient le jour chaque année. Seul son titre me rend perplexe car je trouve qu’il ne colle pas du tout au don d’Iliade. Celui-ci est poétique, doux, merveilleux et envoûtant alors que ce titre me donne plus l’impression qu’elle enlève les mots contre leur gré, comme s’ils ne voulaient pas être lus et s’éveiller pour émerveiller les spectateurs.

Enfin, pour rentrer dans le vif du sujet, j’ai adoré cette charmante histoire où une amoureuse des livres côtoie des passionnés de botaniques, une mamie enflammée au caractère bien trempé, un roi progressiste et un juge taciturne et agoraphobe, qui devient bien plus loquace lorsque l’on creuse un peu sous sa carapace. Une histoire dans laquelle une jeune fille de province se retrouve au cœur de complots royaux qu’elle n’imaginait pas. Une histoire que j’ai pris plaisir à lire lorsque mon cerveau arrêtait de comparer et de repérer malgré lui les ressemblances avec la Passe-Miroir (qui portent plus sur les personnages que sur l’histoire en elle-même d’ailleurs). Je me suis attachée à ses personnages et j’ai surtout aimé suivre l’évolution de la relation entre Iliade et son fiancé. Je n’aurais d’ailleurs pas dit non à quelques pages supplémentaires, afin de passer plus de temps en leur compagnie, et pourquoi pas, d’apporter davantage d’épaisseur à cet univers. J’ai également aimé la manière dont les classiques de la littérature s’intègrent au récit. De jolies références qui donneront peut-être envie au plus jeunes de s’y intéresser.

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Bien qu’il soit plus destiné à un jeune public qu’à de jeunes adultes, j’ai aimé le simple et bon moment que ce roman m’a fait passer. J’ai apprécié l’hommage qu’il rend aux mordus de lecture comme moi et à la littérature dans sa globalité (ainsi qu’aux fans de romance dont la description en citation me correspond tellement!). Le don d’Iliade est plein de poésie et je m’y suis attachée ainsi qu’à ses compagnons. Mon seul regret est que l’autrice ne se soit pas suffisamment détachée de la saga dont elle s’inspire. Je recommande donc ce one-shot davantage à ceux qui n’ont pas lu La Passe-Miroir, ils sauront bien plus l’apprécier. 

5-flammes-une-bonne-lecture

l-arrache-mots
Auteur(s) : Judith Bouilloc
Éditions : Hachette
Nombre de pages : 295
Catégorie(s) : Fantasy, Jeunesse
Hashtag PLIB 2020 : #ISBN9782016270080

9 réflexions sur “[#PLIB2020 – Chronique] « L’Arrache-mots » de Judith Bouilloc

  1. abookcatcher dit :

    J’ai lu ce livre il y a quelques mois et j’avais bien apprécié ma lecture. C’est vrai qu’on ne peut pas s’empêcher de faire le lien avec la Passe-miroir, pour autant j’ai réussi à me détacher des similitudes pour vivre l’histoire pleinement, je n’ai pas ressenti autant que toi ce petit point négatif (certainement parce que je n’ai lu que le tome 1 de la passe-miroir, j’attaque justement le 2 aujourd’hui!)

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  2. lespagesquitournent dit :

    Aie… J’ai un peu peur des similitudes avec la Passe-miroir maintenant. ^^’ J’aime quand on s’inspire d’une œuvre (qui est top <3), mais pas que l'on sente trop le rapprochement comme ça. Je testerai quand même si j'ai l'occasion, car j'ai prévu de découvrir plusieurs titres du plib dans mon coin.

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    • Callysse dit :

      Après les similitudes ne sont pas sur l’intrigue ou l’univers en lui-même (quoi que) ce n’est pas non plus un copier/coller mais si tu adores la Passe-miroir alors je pense que tu seras comme moi. Tu repéreras tout ce qui est pareil : la myopie, la maladresse et l’incapacité de bien s’habiller de l’héroïne / la cicatrice, la droiture et l’isolement du fiancé, etc. Y en a beaucoup trop (même si ce n’est pas non plus une fanfiction) et j’avoue ne pas comprendre pourquoi. J’ai eu l’impression que l’autrice avait brodé quelque chose de nouveau autour de plein de petits détails qui lui ont plus dans l’univers, l’histoire et les personnages de la Passe-miroir… sans se l’approprier réellement du coup :/

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  3. Babitty Lapina dit :

    Au début ce roman me tentait drôlement et puis plus j’en ai découvert moins j’avais envie de le lire. Résultat, je ne l’ai toujours pas lu. Je trouve que c’est beaucoup trop tôt pour écrire un roman hommage à la Passe-miroirs… :/ Ce n’est pas la même chose de rendre hommage à un classique comme Jane Austen par exemple qu’à un roman contemporain… Un jour j’arriverai peut être à dépasser mes a priori et me lancer dans la lecture x)

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